Par Catherine, 14 août 2010, Suicides et morts suspectes
Par Catherine, 10 mai 2010, Suicides et morts suspectes
M.A. Nice
Suicide d’un homme, âge inconnu, dans la matinée du 16 ou 23 avril 2010
Par Catherine, 11 novembre 2009, Suicides et morts suspectes
Par Catherine, 14 septembre 2009, Suicides et morts suspectes
Le nombre de suicides ou de morts suspectes en prison ne diminue pas. Un suicide ou mort suspecte tous les trois jours en prison, 7 fois plus qu’en milieu libre
Par Catherine, 10 septembre 2009, Suicides et morts suspectes
Par Catherine, 22 juillet 2009, Suicides et morts suspectes
Jeudi 23 juillet, marche silencieuse devant le Tribunal de Créteil à 10 heures afin d'obtenir l'ouverture d'une instruction suite au décès de Marlon GOODWIN à Fresnes. Cette marche concerne plus largement toutes les morts suspectes en prison et garde à vue. Je serai là pour Marlon et aussi pour Samir bien sûr...et tous les autres. Un collectif réunissant les familles et leurs avocats sera créé. Qui vient?
Par Catherine, 24 juin 2009, Suicides et morts suspectes
Le nombre de suicides ou de morts suspectes en prison ne diminue pas. Un suicide ou mort suspecte tous les trois jours en prison, 7 fois plus qu’en milieu libre
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
24/04 - M.A. Mont de Marsan Mort suspecte d’un homme, âge inconnu
20/04 - C.P. Fresnes Suicide d’un homme, octogénaire, par pendaison
14/04 - C.D. Val-de-Reuil Suicide d’un homme, 30 ans
13/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Suicide d’un homme, âge inconnu, mort à l’hôpital 2 jours de mort cérébrale
10/04 - M.A. Lyon - Saint Paul / Saint Joseph (MAH) Suicide d’un homme, âge inconnu
10/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Suicide d’un homme, 48 ans, dans sa cellule
09/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Mort suspecte d’un homme, âge inconnu, dans la semaine
09/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Mort suspecte d’un homme, âge inconnu, dans la semaine
09/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Suicide d’un homme, âge inconnu, dans la semaine
03/04 - C.P. Marseille - Les Baumettes Mort suspecte d’Adil belkheir, 24 ans, au quartier disciplinaire
02/04 - C.P. Caen Suicide d’un homme, âge inconnu
02/04 - M.A. Poitiers Suicide d’un homme d’une trentaine d’année par pendaison
01/04 - M.A. Lille Sequedin Suicide d’un homme, 25 ans, par pendaison au quartier disciplinaire
26/03 - C.D. d’Oermingen Suicide d’un homme, 37 ans, par pendaison
24/03 - C.P. Pontet Suicide d’un homme au quartier disciplinaire, il décède à l’hôpital
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
Lyon, le 1er avril 2009
Roanne : placé au mitard malgré un risque suicidaire manifeste
La section française de l'OIP informe des faits suivants :
Une personne incarcérée au centre de détention de Roanne (Loire) a été maintenue quatre jours au quartier disciplinaire en dépit d'une fragilité psychologique patente, ayant avalé quelques jours plus tôt une lame de rasoir.
Le 26 mars 2009, la commission de discipline du centre de détention a décidé de placer F.B en cellule de discipline pour une durée de 13 jours, malgré le fait que celui-ci avait tenté de ce suicider quelques jours plus tôt. Une situation connue de l'autorité disciplinaire, puisque les pièces de la procédure rapportent que F.B. faisait état « beaucoup de problèmes familiaux » le poussant « à bout ». Il a fallu cependant attendre le 30 mars pour que la mesure soit levée, le médecin de l'établissement ayant constaté qu'elle était « de nature à compromettre la santé du détenu » selon les termes de l'article D. 251-4 du code de procédure pénale, qui impose dans ce cas la suspension du placement en cellule disciplinaire.
Interpellé par l'OIP le 27 mars au sujet de l'état de santé de F.B., la direction de la prison a confirmé que celui-ci avait, quelques jours plus tôt, « avalé une lame de rasoir », rendant nécessaire son «hospitalisation ». La direction a cependant justifié la sanction en expliquant que F.B. avait commis ce geste « pour échapper au quartier disciplinaire ». Cependant, en plus du placement pendant treize jours au mitard, la commission de discipline avait soumis F.B. à l'obligation de « suivre des soins auprès du psychiatre et des psychologues ». Selon l'avocate ayant assisté F.B. devant la commission, F.B. avait l'air « de ne pas aller bien du tout » et était « absent », ce que « les surveillants du quartier disciplinaire avaient aussi remarqué ». En outre, dans les jours qui avaient précédé, F.B. avait adressé plusieurs courriers à Louis Mermaz, sénateur de l'Isère, pour faire état de sa détresse puis de son acte auto-agressif. Sollicité le 19 mars par le parlementaire, la direction de la prison avait alors répondu que les difficultés de F.B. étaient connues et qu'il était suivi par un psychiatre.
L'OIP rappelle :
– que la Cour européenne des droits de l'homme a jugé que le placement au quartier disciplinaire d'un détenu souffrant de troubles psychiques et suicidaire avait constitué un traitement inhumain et avait violé le droit à la protection de la vie (CEDH, Renolde c/France, 16 octobre 2008). La Cour avait souligné dans cette affaire que « le placement en cellule disciplinaire isole le détenu, en le privant de visites et de toute activité, ce qui est de nature à aggraver le risque de suicide lorsqu’il existe » ;
– que la circulaire du 29 mai 1998 sur la prévention des suicides en prison met en garde les chefs d'établissement sur le fait que, « S'il est constant que certains actes auto-agressifs constituent, de la part du détenu, un moyen de pression par rapport à l'institution carcérale, il n'en demeure pas moins vrai que celui-ci, qui ne peut être présumé par l'administration, n'est pas exclusif d'une souffrance et d'un risque suicidaire sérieux. Vis à vis de l'institution pénitentiaire et plus globalement de l'institution judiciaire, l'acte auto- agressif peut être vécu comme le seul moyen de formuler une demande ou de s'opposer à l'autorité qu'elle représente » ;
– que selon le rapport Professeur Terra sur la prévention du suicide des personnes détenues, publié en décembre 2003, « les détenus dont la crise suicidaire prend le masque de l'agressivité ne peuvent pas être mis au quartier disciplinaire sans risquer d'accélérer la progression de leur détresse ». Par ailleurs, le docteur Albrand, dont le rapport commandé sur le sujet doit être remis demain, a estimé dans un document d'étape rendu public en janvier 2009 qu'il est nécessaire de diminuer le recours au quartier disciplinaire « en privilégiant des mesures alternatives à la cellule disciplinaire, mais aussi en faisant des quartiers disciplinaires des lieux d'exécution d'une sanction plus humanisée ».
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
Agé de 37 ans, l'homme était en détention provisoire dans une affaire de mœurs. Il s'est pendu.
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
Un détenu de 22 ans s'est suicidé dans la nuit de samedi à dimanche dans sa cellule. Ce drame porterait à entre douze et quatorze, selon les sources, le nombre de suicides de détenus depuis le 1er janvier.
Dans une prison française (Reuters)
Un nouveau suicide a eu lieu en prison ce week-end. Un détenu de 22 ans s'est suicidé dans la nuit de samedi à dimanche dans sa cellule, a-t-on appris lundi 19 janvier de source syndicale pénitentiaire. Il purgeait une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre dans le centre pénitentiaire de Longuenesse (Pas-de-Calais), a précisé à l'AFP l'antenne régionale de l'Union fédérale autonome pénitentiaire. Son corps a été retrouvé par des surveillants vers 01h15 dimanche.
Entre 12 et 14 suicides depuis janvier
"Signalé" pour ses tendances suicidaires, il avait été placé sous "surveillance spéciale" dans une cellule qu'il partageait avec un seul co-détenu. La direction de la prison n'a souhaité faire aucun commentaire. Ce drame porterait à douze le nombre de suicides de détenus répertoriés depuis le 1er janvier, selon les chiffres l'Administration pénitentiaire (AP), à quatorze, selon les calculs de l'Observatoire international des prisons (OIP). Le 15 janvier, le directeur de l'AP, Claude d'Harcourt, avait qualifié de "situation préoccupante" le nombre de suicides dans les prisons françaises. (Avec AFP)
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
J’ai passé le week end à Givors à côté de Lyon avec la famille de Fakraddine Zaraï, ce jeune mort dans sa cellule, le 8 août dernier, à la prison de Saint Quentin Fallavier, dans des conditions on ne peut plus troubles.
Fakraddine était à quelques jours de sa sortie à l’issue d’une peine de huit mois durant laquelle le bracelet électronique lui avait été refusé, par la juge d’application des peines, ainsi que la libération conditionnelle au motif que le certificat d’embauche, présenté dans le dossier, venait du mari de sa sœur.
Pour précision cet homme dirige une entreprise sérieuse et florissante.
La famille qui a été prévenue 12 heures après le drame, ce qui est inacceptable, a du lutter bec et ongles, durant un mois ½ afin de récupérer les affaires personnelles de Fakraddine et pour ce faire a du faire appel au procureur de la République pour être enfin entendue.
Une enquĂŞte est actuellement en cours.
L’article D 427 du CPP pose le principe qu’en cas du décès du détenu, de maladie mettant ses jours en danger, d’accident grave ou de placement dans un établissement psychiatrique, la ' proche famille doit en être immédiatement informée'.
Une chose me semble certaine, c’est que suicide ou mort suspecte, il est intolérable qu’une personne détenue meure en prison et, qui plus est, lorsqu’elle demande à travailler ou à bénéficier du bracelet électronique.
Une marche à été organisée à Givors à laquelle se sont jointes de nombreuses personnes en soutien à la famille. A l’issue de la marche, j’ai pris la parole au nom de l’ARPPI, Association pour le Respect de Proches de Personnes Incarcérées, dont je suis la présidente.
Je me suis adressée à tous ceux et celles qui étaient présents, mais en particulier aux nombreux jeunes venus pour la terrible occasion, afin de les sensibiliser sur le fait qu’ils pourraient être un jour les prochains Fakraddine si ils se trouvaient incarcérés. A tous j’ai tenté de faire comprendre l’importance de savoir pourquoi à l’avenir ils ne voudront pas aller en prison.
Puis, pour légitimer mes paroles, je leur ai parlé de mes deux fils en prison et en particulier de Cyril qui la veille de mon départ pour Givors devait sortir en permission.
Je leur ai raconté un bout de notre histoire.
« Avant hier 13 novembre à 8 heures du matin l’épouse de Cyril qui se trouvait devant la prison de Liancourt, pour l’accueillir dés sa sortie, m’appelle affolée pour me prévenir que Cyril n’est pas sorti comme prévu parce qu’il a été transféré à l’hôpital dans la nuit.
Cette scène est carrément indescriptible tellement l’angoisse était énorme.
A ce moment précis seule l’image de la mort de Fakraddine planait devant mes yeux.
J’ai téléphoné partout et à tout le monde. Le service des urgences de l’hôpital m’a raccroché au nez, le surveillant pénitentiaire qui parlait à ma belle fille, et que j’entendais bredouiller au bout du fil, n’a pas voulu me prendre en ligneC’était l’horreur totale en ce jour qui devait être jour de fête.
J’ai fini par savoir à 10 heures 30 après deux heures et demie d’angoisse que Cyril était vivant et qu’il avait été enchaîné comme une bête à un lit d’hôpital alors qu’il aurait du être en permission. Et pourtant, Cyril qui a fini par sortir après avoir signé une décharge et avec des heures de retard et bien que la juge d’application des peines ait refusé une prolongation de sa permission, m’a dit après quelques heures passées avec lui et ma petite fille, de venir vous rejoindre ici pour vous soutenir puisque je m’y étais engagée.
Puis, Nabila la sœur de Fakraddine qui avait organisé la marche et m’y avait invitée, Nadia Soltani du (collectif Belgacem) qui a également perdu son frère en prison ainsi que Karine Bergne ( Faites la lumière en détention) qui a perdu son époux, le père de sa petite fille, sont intervenues à leur tour pour interpeller les personnes présentes, en particulier les jeunes, sur le douloureux sujet du suicide en prison.
Quant au maire de Givors, qui s’était déplacé pour l’occasion, il a eu les mots justes et a rappelé avec beaucoup d’émotion dans la voix les chiffres liés au suicide en prison et la réalité du délabrement carcéral.
S’il reste très difficile de s’opposer à l’offensive sécuritaire et au discours la concernant, il y a néanmoins urgence, pour les membres de l’ARPPI et tous les acteurs de la cause carcérale, à se mobiliser pour faire évoluer les mentalités sur le sujet du suicide en prison et celui de la réinsertion.
Il est important de faire comprendre aux plus nombreux que la réinsertion n’est ni un cadeau , ni une faveur faite aux personnes détenues mais une nécessité absolue. Quant au suicide c’est l’évasion ultime qui place l’administration pénitentiaire face à un échec mais aussi toute la société en face de celui ci.
La prévention de l’un et la promotion de l’autre passent obligatoirement par le maintien des liens familiaux parce que nous, familles et proches, sommes les meilleurs garants de celles ci.
Il incombe à l’état d’assurer le suivi des actes qu’il réprime et il doit pour cela donner les moyens aux instances politiques et administratives travaillant sur la problématique carcérale afin qu’elles puissent œuvrer concrètement au maintien effectif des liens familiaux.
A ce moment seulement, familles et proches de personnes détenues pourront mettre en œuvre une aide pleine et efficace pour que nos proches incarcérés n’essaient plus d’attenter à leurs jours et puissent enfin souscrire et adhérer, durant leur détention, au contrat social en vue de leur libération.
Catherine présidente de l'A.R.P.P.I